FAO
Le pastoralisme en Afrique est un système de production spécialisé qui permet aux populations de gagner leur vie grâce à l'élevage, souvent en association avec d'autres activités économiques.
2024 · 31 pages

Abstract
Ce système est pratiqué dans certaines des zones les plus hostiles et les plus riches du continent, notamment les zones arides et semi-arides. Les pasteurs disposent d'institutions et de stratégies pour tirer parti des possibilités variables et imprévisibles que les parcours peuvent leur offrir. La définition du pastoralisme est complexe et varie en fonction du contexte. Le terme fait référence à une activité économique et à une identité culturelle, mais la première n'implique pas nécessairement la seconde. En tant qu'activité économique, le pastoralisme est un système de production animale qui tire parti de l'instabilité caractéristique des parcours. Les pasteurs disposent de stratégies de gestion fondées sur la nature pour protéger la diversité des espèces végétales des parcours et le couvert arbustif, favorisant ainsi la biodiversité et optimisant la santé et la productivité de leur cheptel et des parcours qui le nourrissent. La diversité des systèmes pastoraux en Afrique reflète les interactions complexes entre les êtres humains, les animaux et l'environnement. Les pasteurs se spécialisent dans l'élevage d'une seule race d'une espèce, hautement adaptée à son milieu pour y prospérer, comme les WoDaaBe avec leur troupeau distinctif de bovins à longues cornes, les zébus bororo. D'autres éleveurs, comme les Massaïs et les Somalis, se spécialisent dans des troupeaux mixtes constitués de différentes espèces mêlant bovins, camelins, ovins et caprins. Nombreuses sont les sociétés pastorales qui élèvent également des ânes ; ceux-ci revêtent une importance particulière pour les femmes, car ils servent au transport de l'eau et du bois de feu. L'agriculture a toujours été une caractéristique de nombreux systèmes de production pastorale en Afrique, où elle s'inscrit le plus souvent en complément de l'élevage, lequel reste le principal actif économique et social du ménage. Les pasteurs ont commencé à être classés par les praticiens du développement et les responsables politiques comme des "pasteurs purs" ou des "agropasteurs" – ce dernier terme traduit un environnement politique qui s'efforçait de plus en plus de sédentariser les pasteurs pour en faire des agriculteurs à la suite des sécheresses dévastatrices de 1973 et de 1984. Toutefois, l'agropastoralisme n'est pas un concept ni une catégorie qu'utilisent les pasteurs eux-mêmes pour se définir, même s'ils se tournent vers l'agriculture de manière régulière ou intermittente. Les estimations du nombre de pasteurs en Afrique varient considérablement, allant de 50 millions à 268 millions, en raison de la mobilité et de la réticence à participer à des recensements. Les politiques de développement ne parviennent pas à améliorer les moyens d'existence des pasteurs, en partie en raison de la complexité du pastoralisme et de la nécessité d'adopter des approches adaptées au contexte.
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