USAID DEC
La réunion restreinte du Réseau de prévention des crises alimentaires (RPCA) du 2 avril 2020 a réuni plus de 200 personnes en vidéoconférence.
2020 · 2 pages

Abstract
La production céréalière de la campagne 2019-20 est estimée à 74 millions de tonnes, en légère hausse de 0.4 % par rapport à la dernière campagne et de 12 % à la moyenne des cinq dernières années. Des baisses importantes sont cependant observées au Cabo Verde (-80 %), en Gambie (-47 %), en Sierra Leone (-15 %) et au Niger (-6 %) par rapport à la production moyenne des cinq dernières années. La production de racines et de tubercules est de 190 millions de tonnes, supérieure de près de 16 % à la moyenne des cinq dernières années. La situation pastorale est tendue en raison d'importants déficits fourragers au Sénégal, en Mauritanie et par endroits au Mali et au Niger, des mesures de restriction de la transhumance transfrontalière, mais aussi de l'inaccessibilité des troupeaux aux pâturages du fait de la crise sécuritaire. Les marchés vivriers sont normalement approvisionnés, même si une tendance haussière des prix est observée depuis le début de l'année. L'environnement économique se dégrade sous l'effet conjugué de facteurs multiples. L'inflation et la dépréciation des devises locales affectent durement l'accès des ménages à l'alimentation et à la nutrition, en Gambie, en Guinée, et notamment en Sierra Leone et au Libéria. La baisse des cours du coton et le risque de leur effondrement avec la crise sanitaire pourraient entraîner un désastre économique au Mali, en Côte d'Ivoire, au Burkina Faso, au Togo et au Bénin. Les mesures destinées à freiner la propagation du virus (fermeture des commerces non essentiels, fermeture ou restriction des marchés et limitation de la mobilité) sont porteuses d'importantes perturbations dans l'approvisionnement des marchés, de pertes de revenus et de fortes dégradations des moyens d'existence des populations les plus vulnérables. La menace acridienne plane sur la région. Les conséquences redoutées du probable péril acridien, ajoutées à celles de la chenille légionnaire, qui infeste désormais toute l'Afrique de l'Ouest, pourraient affecter durablement les systèmes agro-alimentaires de la région. Près de 17 millions de personnes, dont plus d'un million en situation d'urgence, auront besoin d'une assistance alimentaire et nutritionnelle immédiate pendant la soudure, si les mesures nécessaires ne sont pas prises à court terme. Cette aggravation est essentiellement due à la situation sécuritaire. Les crises sanitaire et sécuritaire pourraient faire basculer plus de 50 millions de personnes supplémentaires (actuellement sous-pression) dans une situation de crise alimentaire. La malnutrition aiguë persiste dans la région. Elle affecte près de 2,5 millions d'enfants de moins de 5 ans dans le Sahel. Les mauvaises pratiques nutritionnelles et l'insuffisance de réponses préventives, la fermeture des centres de santé et l'arrêt des activités courantes de gestion de la malnutrition aiguë en sont les principales causes. Les membres du RPCA soulignent l'urgence d'une mise en œuvre et d'une adaptation des plans de réponse existants. Six pays (Burkina Faso, Cabo Verde, Mali, Niger, Sénégal et Tchad) ont déjà initié leurs plans de réponse 2020 pour un montant total de plus de 400 milliards de F CFA (61 millions d'euros). Toutefois, leur mise en œuvre se heurte aux graves difficultés budgétaires des États et de mobilisation de ressources externes. Les membres du RPCA exhortent les États avec l'appui de leurs OIG (CEDEAO, UEMOA et CILSS) et des partenaires à déclencher les mécanismes d'urgence et à mettre en œuvre, au plus vite, des programmes coordonnés et ambitieux dans les domaines suivants : réponse urgente aux populations qui sont actuellement en crise alimentaire et nutritionnelle,
Connected topics
Classification