FHI 360
L'extrémisme violent (EV) dans la région du Sahel central est en hausse depuis le début de la crise malienne de 2012.
2020 · 40 pages

Abstract
Les attaques violentes liées aux groupes islamiques militants dans la région ont plus que doublé chaque année depuis 2017, entraînant plus de 2 600 morts en 2019 et le déplacement de plus de 1,2 million de personnes. Plus de 10 organisations extrémistes violentes (OEV), composées de groupes djihadistes et de milices communautaires, ont été identifiées par leurs opérations actives dans la région. En outre, les forces gouvernementales sont également responsables d'attaques contre la population civile. Des recherches antérieures ont souligné l'influence de plusieurs facteurs de risque clés en faveur de l'extrémisme violent dans la région du Sahel central. Cependant, la plus grande partie de la documentation n'a que partiellement examiné la question des facteurs déterminants liés au genre de l'EV dans le Sahel central ou étudié les dynamiques par genre de l'EV dans la région. Quatre grandes catégories de facteurs contribuent aux griefs personnels et collectifs et peuvent alimenter les opinions extrémistes : une gouvernance faible ou absente combinée à des expériences négatives de corruption et d'injustice publique ; des abus des forces de sécurité (en association avec le besoin de protection des populations) ; des facteurs économiques et sociaux tels que la pauvreté, la faim et l'insécurité alimentaire ; et des facteurs idéologiques et culturels tels que la radicalisation religieuse et la promotion de l'extrémisme violent. L'analyse quantitative menée dans cette étude a examiné les facteurs déterminants de l'extrémisme violent dans la région du Sahel central en fonction du genre. Les résultats ont montré que les femmes sont plus susceptibles d'être influencées par les facteurs économiques et sociaux, tandis que les hommes sont plus susceptibles d'être influencés par les facteurs idéologiques et culturels. Les résultats ont également montré que les femmes sont plus susceptibles de se radicaliser en réponse à des expériences de violence et d'abus, tandis que les hommes sont plus susceptibles de se radicaliser en réponse à des expériences de marginalisation et d'exclusion. Les résultats de cette étude ont des implications importantes pour la stratégie de lutte contre l'extrémisme violent dans la région du Sahel central. Ils suggèrent que les efforts de lutte contre l'extrémisme violent doivent prendre en compte les différences entre les hommes et les femmes et les facteurs qui les influencent. Ils suggèrent également que les efforts de lutte contre l'extrémisme violent doivent se concentrer sur les facteurs économiques et sociaux qui contribuent à la radicalisation, ainsi que sur les facteurs idéologiques et culturels qui promeuvent l'extrémisme violent. Enfin, les résultats de cette étude ont des implications importantes pour la politique et la pratique de lutte contre l'extrémisme violent dans la région du Sahel central. Ils suggèrent que les efforts de lutte contre l'extrémisme violent doivent être axés sur la prévention et la réduction de la pauvreté, de la faim et de l'insécurité alimentaire, ainsi que sur la promotion de la gouvernance démocratique et de la protection des droits de l'homme. Ils suggèrent également que les efforts de lutte contre l'extrémisme violent doivent se concentrer sur la promotion de la tolérance et de la compréhension mutuelle entre les différentes communautés et groupes sociaux.
Classification
USAID DEC