Projet de Reboisement: Analyse d'Economie Politique des Facteurs Influençant les Projets de Reboisement dans le Nord et le Nord-Est d'Haïti
Sign inCHEMONICS
L'analyse économique et politique (AEP) des facteurs influençant les projets de reboisement dans le Nord et le Nord-Est d'Haïti a été réalisée de juillet à octobre 2018.
2019 · 65 pages

Abstract
Cette étude a pour objectif de comprendre les défis auxquels sont confrontées les autorités étatiques déconcentrées ou locales pour stimuler et maintenir un changement substantiel dans les zones du projet. Les causes de la perception d'impacts mitigés sur le couvert végétal pérenne en dépit des différentes approches des autorités publiques locales et déconcentrées durant les cinquante dernières années ont été identifiées comme suit : une tendance à l'aridification du climat avec un Nord-Est plus affecté, un contexte macro-économique marqué par l'extrême pauvreté, une forte centralisation de pouvoir, une gestion laxiste et la corruption aux multiples facettes, des défis pour la création formelle et l'enregistrement d'entreprises, un écart entre la décentralisation de jure et de facto, une confusion orchestrée des rôles institutionnels au sein du pouvoir exécutif ainsi qu'au niveau du pouvoir législatif, et un pouvoir judiciaire faisant très pâle figure au regard des deux autres. Les règles du jeu ont également été identifiées comme des facteurs influençant les projets de reboisement. Ces règles incluent la gestion laxiste et la corruption, les défis pour la création formelle et l'enregistrement d'entreprises, l'écart entre la décentralisation de jure et de facto, la confusion orchestrée des rôles institutionnels, et le pouvoir judiciaire faible. L'étude a également identifié les acteurs et les faits saillants de la conjoncture, qui sont les facteurs qui influencent les projets de reboisement dans le présent. Ces facteurs incluent les « règles » et institutions informelles puissantes ayant de l'influence importante sur les acteurs, les pratiques traditionnelles de gestion de ressources naturelles nuisibles au reboisement pérenne, la réticence à investir dans le reboisement sur les terres en faire valoir indirecte, les types d'exploitation agricole, les profils des propriétaires terriens dans certaines zones prioritaires, le besoin de visibilité immédiate des acteurs, et l'avenir ailleurs. Enfin, l'étude a identifié les dynamiques nouvelles qui permettent de prendre en compte des mouvances dont les impacts ne sont pas encore connus et qui sont susceptibles de provoquer des changements dans l'une ou l'autre des trois catégories précédentes. Ces dynamiques incluent les chauffeurs de taxi moto comme nouvelle catégorie d'entrepreneurs, les opportunités et leviers potentiels pour renforcer les efforts endogènes à impacts positifs sur le couvert végétal pérenne, la disponibilité de compétences dans les administrations municipales, l'approche de programme au niveau du MARNDR, le rajeunissement du staff au niveau du MARNDR, l'initiative de sécurisation foncière du Comité interministériel d'aménagement du territoire, et l'offre abondante de prestataires de services en agriculture et environnement. Les résultats de l'étude ont permis de recenser dix-huit facteurs contribuant au faible impact du secteur public en matière de reboisement à travers le pays en général et la zone en particulier, et sept facteurs influençant les résultats des efforts des projets de reboisement soutenus par la communauté internationale. Ces résultats ont également permis d'identifier des opportunités et leviers potentiels pour renforcer les efforts endogènes à impacts positifs sur le couvert végétal pérenne et/ou stimuler l'émergence de pareilles initiatives.
Classification
USAID DEC