INTERNATIONAL MEDICAL CORPS
La surveillance de la persistance virale chez les guéris d'Ébola en Guinée a été un sujet d'étude important pour les chercheurs.
2018 · 4 pages

Abstract
Selon les recherches menées par les Instituts nationaux de la santé des États-Unis (NIH), les guéris de la maladie à virus Ébola (MVE) peuvent conserver le virus dans certains fluides corporels, notamment le sperme, le lait maternel et le liquide céphalorachidien, jusqu'à 32 mois après des résultats négatifs au test Ébola. Des chercheurs du Libéria ont présenté ces conclusions lors d'une réunion régionale organisée par le projet Advancing Partners & Communities (APC) financé par l'USAID, en décembre 2016. Une nouvelle flambée de cas de MVE a été détectée en Guinée fin février-mars 2016, soit 2 à 3 mois après que la Guinée ait été déclarée exempte d'Ébola le 29 décembre 2015, et 470 jours après la première apparition de symptômes chez le guéri transmetteur. Cette résurgence limitée s'est également propagée de l'autre côté de la frontière jusqu'au Libéria avant d'être circonscrite. En conséquence, en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone, des programmes nationaux de test du sperme qui étudient la persistance virale dans le liquide séminal encouragent les guéris de la MVE à participer à des tests qui permettent également d'identifier les individus susceptibles d'avoir des fragments du virus dans leur sperme et de transmettre la maladie. Le Programme de Prévention de la Transmission d'Ebola et de Renforcement des Services pour les Guéris d'Ebola (ETP&SS) de l'APC en Guinée a soutenu le programme de test du sperme du Ministère de la Santé (MS) de Guinée exécuté par son Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS). Le programme de test du sperme fait partie du programme de surveillance active en ceinture des guéris d'Ebola et de leurs entourages de l'ANSS qui inclut des sites sentinelles et leurs plateformes communautaires permettant d'assurer le suivi de l'état de santé des guéris. Sous la supervision des biologistes du Laboratoire national des fièvres hémorragiques, l'APC a soutenu la collecte d'échantillons de sperme de guéris d'Ébola de sexe masculin âgés de 15 ans et plus, et de leurs transferts immédiats à l'un des trois laboratoires de référence où le test est effectué, enregistré et communiqué à la Direction de l'ANSS. La campagne de test du sperme a touché 83,6 % des guéris de sexe masculin (âgés de 15 ans et plus) en octobre-novembre 2017, 88,4 % en janvier 2018 et 89,5 % en avril 2018. Pour la série de tests du mois de janvier, le NIH a effectué des tests parallèles en utilisant un réactif de laboratoire plus sensible que celui actuellement utilisé en Guinée. Les résultats des campagnes de tests servent à renforcer les efforts de prévention et contribueront à établir le corpus de recherche sur la flambée d'Ébola la plus grave jamais enregistrée. La participation du RENASEG à la campagne de sensibilisation a aidé les guéris à surmonter leur réticence à fournir du sperme. Cela a également contribué à réduire la stigmatisation des guéris dans certaines communautés et certains établissements sanitaires. La formation prodiguée au personnel de laboratoire pour expliquer la collecte de sperme avec tact et selon les techniques appropriées tout en respectant la vie privée des participants a également été importante. Cependant, certains guéris ont refusé de participer à la campagne pour des raisons variées, notamment la crainte de stigmatisation, la difficulté d'accès à certains villages, les considérations religieuses et la fourniture de faux échantillons.
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