USAID
Le Sahel, une région du monde caractérisée par un climat aride et des sécheresses récurrentes, est souvent associée aux menaces que représentent les changements climatiques.
2014 · 2 pages

Abstract
Cependant, les recherches récentes suggèrent que le lien entre le climat et le conflit est complexe et indirect. Le conflit est un phénomène complexe résultant de l'interaction entre les facteurs historiques, sociaux, économiques et institutionnels contextuels avec lesquels les impacts des changements climatiques peuvent également s'entrecroiser. Au Niger et au Burkina Faso, deux pays du Sahel, les facteurs qui contribuent à l'instabilité et au conflit sont nombreux. Les deux pays sont enclavés, ont de très faibles revenus et leurs gouvernements comptent sur les exportations de minerais pour une grande partie de leurs recettes. La croissance rapide de la population met à rude épreuve les moyens de subsistance ruraux. Ces facteurs s'ajoutent à la complexité des défis auxquels ces pays sont confrontés pour renforcer la résistance aux changements climatiques et assurer la sécurité de leurs citoyens. Des périodes continues de sécheresse ont abouti à une diversification des moyens de subsistance d'un nombre croissant d'individus. La convergence vers l'agro-pastoralisme qui en découle a créé des circonstances favorables à la concurrence et aux conflits sur des ressources naturelles limitées. L'institutionnalisation incomplète du Code rural au Niger et du Régime foncier plus récent au Burkina Faso a permis à de nombreux conflits sur les ressources naturelles de se poursuivre sans relâche. La nature complexe des conflits au Niger et au Burkina Faso fait apparaître clairement que la contribution des changements climatiques à la violence ne peut être comprise qu'en relation avec les autres facteurs. Les pressions démographiques et climatiques poussent progressivement les limites de cultures vers le nord, où elles empiètent sur les zones pastorales et les itinéraires de transit traditionnels. Les bergers et leurs troupeaux, affectés par les changements climatiques, doivent se déplacer vers les zones agricoles, endommageant les cultures et déclenchant éventuellement des conflits. Des conflits sont localisés, fréquents, de faible intensité entre agriculteurs, éleveurs et autres populations qui dépendent des ressources naturelles pour leur subsistance et se traduisent par peu de décès, mais sont assez persistants pour empêcher un développement et une croissance durables. Au nord du Niger, les effets des changements climatiques, combinés aux griefs non réglés des populations pastorales Touaregs, sont susceptibles de produire une violence encore plus intense. Afin de consolider la résilience actuelle aux changements climatiques sans créer de conflits, il est indispensable de renforcer les institutions officielles et officieuses de manière à empêcher ou atténuer les conflits autour des ressources naturelles menacées par les changements climatiques. Cela peut se faire en établissant et délimitant, de manière claire et vérifiable, des territoires pastoraux, en promouvant et en faisant respecter les lois existantes, en renforçant les commissions foncières locales au Niger et les comités de réconciliation au Burkina Faso et en soutenant les efforts de développement des régions du nord.
Connected topics
Classification
USAID DEC