Garder les enfants vulnérables à l'école : un modèle d'épargne commune qui fonctionne
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La République démocratique du Congo (RDC) est un pays où le taux de pauvreté atteint 73 %.
2020 · 12 pages

Abstract
Les parents et les ménages doivent relever de nombreux défis pour envoyer et garder leurs enfants à l'école. Le principal obstacle est celui des frais de scolarité, les parents en RDC prenant en charge les trois quarts de ces frais. En 2013, les parents ont eu à charge un montant agrégé de 1,59 milliard de dollars US, soit 73 % du montant total de 2,18 milliards de dollars US. De 2010 à 2016, les frais de scolarité ont doublé dans les écoles primaires et presque triplé au niveau du secondaire. Les frais de scolarité servent à rémunérer les enseignants, parfois à hauteur de 25 %. Les salaires des enseignants sont moins élevés que pour d'autres postes du secteur public, et les frais de scolarité servent à les « revaloriser » quelque peu. Les frais de scolarité servent aussi à régler les coûts opérationnels récurrents que le gouvernement ne prend pas à sa charge, comme les frais de bureau ou le ménage dans les écoles. Outre ce déficit budgétaire, les autorités locales, provinciales et nationales prélevent des frais de scolarité arbitraires, dénommés « ventilation », qui n'ont pas grand-chose à voir avec les frais opérationnels ou de gestion de l'enseignement. En 2016, les ménages ont payé en moyenne 39 dollars (zone urbaine) et 20 dollars (zone rurale) par an et par enfant en âge d'aller à l'école primaire. Le nombre moyen d'enfants par famille étant de six ou sept et le revenu annuel moyen de 440 dollars, on comprend aisément que les ménages sont souvent confrontés à des choix difficiles. Récemment, une étude du projet A!1 sur l'impact des frais de scolarité sur les ménages a révélé une corrélation étroite entre frais de scolarité et travail des enfants. Dans les quatre provinces échantillonnées, un élève sur quatre travaillait pour payer ses frais de scolarité. Le projet A!1 vise à améliorer le niveau d'éducation des garçons et des filles grâce à un enseignement de meilleure qualité à la fois dans les langues nationales et en français, la suppression des obstacles à l'éducation et l'amélioration de la transparence des structures de gouvernance des écoles. Les activités génératrices de revenus et la méthodologie des groupes d'épargne commune du projet A!1 aident les parents à assurer un avenir plus durable à leurs enfants grâce à l'éducation. La méthodologie novatrice du projet A!1 fait appel à des stratégies de microfinancement pour s'attaquer au problème endémique des frais de scolarité en RDC. Cette méthodologie s'appuie sur des stratégies de microfinancement avérées et sur des exemples de réussite passée en RDC. Le projet A!1 octroie des subventions aux organisations de la société civile (OSC), qui à leur tour fournissent des « kits de mise en route » aux ménages vulnérables pour établir des activités génératrices de revenus et un groupe d'épargne commune. Ces kits contiennent de l'huile, de la farine, du sucre, des légumineuses, du poisson fumé et d'autres denrées locales pour lesquelles l'approvisionnement et la demande sont assurés. En échange de ces kits, les parents s'engagent à affecter une partie de leurs revenus aux frais de scolarité annuels par l'intermédiaire du groupe d'épargne commune.
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