USAID DEC
La comparaison des itinéraires techniques : une méthode d'expérimentation agronomique La recherche d'amélioration du mode de conduite des cultures concerne tout aussi bien les situations où la gamme des cultures est limitée et leurs combinaisons parfaitement inventoriées.
2010 · 6 pages

Abstract
Il paraît curieux de s'interroger sur la nature des techniques de culture "à améliorer", cependant ceci constitue un réel problème dans les régions comme celles de la zone semi-aride marocaine où, jusqu'à ces dernières années, peu de recherches avaient été entreprises et où, de ce fait, les références sur l'efficacité de telle ou telle technique sont rares, qu'il s'agisse de la fertilisation ou du contrôle des mauvaises herbes. Dans ce type de situation et compte tenu de l'hypothèse, toujours vérifiée, que les moyens d'état sont limités et ne permettent pas une recherche dans toutes les directions, il faut donc hiérarchiser les problèmes à étudier. Pour cela, il est nécessaire d'analyser d'une part les conditions de milieu (sol et climat), d'autre part les modes de conduite des cultures pratiqués par les agriculteurs de la zone. Le diagnostic des freins techniques les plus manifestes et la formulation d'hypothèses relatives aux techniques à modifier en vue d'améliorer les rendements de ces cultures sont nées des questions suivantes : La première question est relative à la période de végétation. Dans les zones semi-arides marocaines où la période des pluies est brève (de novembre à mars), n'est-il pas avantageux de faire coincider la période de végétation avec la période des pluies ? Pour cela, ne peut-on pas déplacer la période des semis vers le début de la saison pluvieuse de façon à supprimer les semis tardifs qui représentent 40 % des emblavements et qui sont condamnés à subir un fort déficit hydrique en fin de cycle ? La deuxième question est relative à la récolte des semis de céréales. Partant du constat que, en zone semi-aride, la récolte des semis de céréales appréciée par le pourcentage de levée est souvent faible (< 50 %) et qu'elle se traduit par des pénuries de grains faibles, qui vont à leur tour affecter le rendement, ne peut-on pas améliorer ce pourcentage de levée par une meilleure préparation du sol et un semis en ligne, à la place du traditionnel semis à la volée ? La troisième question est relative au peuplement optimum. Quand les conditions d'arrosage sont limitantes comme c'est la règle en zone semi-aride, ne faut-il pas chercher à réduire la densité de peuplement afin d'éviter un épuisement précoce des réserves hydriques du sol qui peut compromettre la formation et le développement des grains ? La quatrième question est relative à l'usage du charrue, c'est-à-dire le travail du sol sans retourne recommandé dans les techniques de jachère. Est-il hérétique dans les conditions marocaines, vis-à-vis de l'économie de l'eau, de recommander l'usage de la charrue ? La cinquième question est relative à l'azote. Constitue-t-il un facteur limitant de la production céréalière en zone semi-aride ou au contraire, l'application d'une fumure peut-elle s'avérer néfaste en favorisant la production végétative au détriment de la production de grains ? Une fois choisis les thèmes sur lesquels va porter la recherche à entreprendre, reste à déterminer la façon dont on va la conduire. Pour cela, il existe six méthodes qui sont habituellement utilisées : 1. L'expérimentation en station expérimentale. 2. L'enquête de terrain permettant de comparer des situations culturelles différentes. Pour apprécier les possibilités de ces deux méthodes, il faut examiner rapidement leurs avantages et inconvénients respectifs. L'expérimentation en station présente plusieurs avantages spécifiques. Elle offre la possibilité de mettre en place des dispositifs expérimentaux avec répétitions permettant de faire des comparaisons rigoureuses entre les techniques expérimentées. L'analyse statistique de ces dispositifs, s'ils sont bien conçus, permet de
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